Jeudi 19 avril 2007

Eve vivait dans ses rêves
Lilith maitrisait l'art de faire vit

Eve jamais ne se soulève
lilith toujours revendique

Eve comptait les fèves
lilith les kilomètres de bites

Eve n'avait pas de glaive
lilith sortait en hoplite

Eve laissait couler la sève
lilith frôlait la salpingite

Eve connaissait la trève
lilith contrôlait les mythes

d'adam ève fut la chèvre
lilith le parasite.....

Par mina - Publié dans : textes et cris
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Mercredi 18 avril 2007

Eve n'était pas la première femme dans cette salle de bains au matin. Mais c’est la première que Txomin regarde se coiffer. D’habitude, il indique où sont rangées les serviettes propres, place un petit bisou dans le cou en glissant «  je vais faire du café » et abandonne l’endroit. Les après ne l’inspirent pas. Mais ce matin, Txomin reste, en silence, appuyé sur la porte. Et Eve se brosse les cheveux, lentement, en prolongeant le mouvement juste un peu plus loin que les pointes, comme une salutation à l’aube. Eve pose la brosse et commence à rassembler ses cheveux. Txomin s’approche « Laisse les libres. Encore un peu ».

 

 

 

 

 

Par mina - Publié dans : textes et cris
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Mardi 17 avril 2007

Eve n'était pas la première femme. C'était la première personne.  Avant, il n'y avait que des déformations du monde prenant des apparences de femmes. Il n'y avait que deux choses: lui et le reste. Un reste mouvant, spectaculaire.

Eve existait. C'était quelque chose de nouveau, qui vivait à part lui sans disparaître. Au delà de cette proximité qui accorde deux êtres mais en deçà du silence. Hors du soi et détachée du magma essentiel.

Venue un matin de mai. Pas de bagage. Ni billet. Ni carte d'identité.
On dit: clandestinement.

Puis le monde a su et s'est dressé. Eve allait pieds nus mais toujours avec des chaussures à la main. Un jour, elle s'est brisée un ongle. Eve s'est échappée. La grève hurle dans les allées du jardin public. Les herbes aussi. Et les chats.
Eve a les yeux qui brillent.

Sur la porte de ma chambre, la peinture s'écaille. J'en retrouve la poussière au bout de ses doigts. La nuit elle ne dort pas, elle chante. Donne du lait au hérisson qu'on a trouvé une fin de soir au pied du petit buis.

Eve vient parfois chanter sous mes fenêtres. Elle n'a pas besoin de moi. Est-ce que j'ai besoin d'elle?

Y a les empreintes de ses pieds. Là où il manquait des pavés que je ne mettrai plus. Parfois si je m'éveille, j'entends le bruit étouffé de ses pas, le robinet qui goutte (Eve n'a jamais su fermer un robinet). Sous mon oreiller sa chemise. Jamais lavée, mais je ne suis pas fragile. Je l'aime mais je ne suis pas fragile. Elle est absente parce qu'elle existe, et parfois elle existe près de moi, et alors elle porte toujours cette chemise. Pour l'odeur, oui. Mais. Pour que l'odeur reste, oui. Mais: celle là de maintenant, emprunte du monde qui se dépose un peu là par le travers de son corps.

Eve est la coupure. Elle va, pour sans cesse ouvrir la fermeture éclair. Elle est la faille par laquelle surgissent les identités. Eve n'est pas la première femme, non: c'est la première personne.


 

 

Par mina - Publié dans : textes et cris
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Lundi 16 avril 2007

Eve n’était pas la première femme, non. Et certainement, ce ne serait pas la dernière.

 

La baise, comme fondement du couple, la baise, comme symbole de sa liberté. Aller voir ailleurs, et toujours, revenir vers elle, parce qu’elle, il en avait la certitude, il vieillirait avec elle. Assouvir la pulsion, atteindre l’enjeu fixé, posséder l’autre, la prendre et sentir la tension retomber. Et revenir vers elle.

 

Les femmes successives, des petites, des grosses, des minces, des bonnes, des bandantes.

 

Et puis elle, salope et maternante, mère de ses enfants et objet de ses fantasmes.

 

La pénétrer et briser la barrière de son cynisme, tout en sachant qu’il ne la possèderait jamais tout à fait.

 

Eve n’était pas la première femme, non. Mais c’était LA femme, parce que oui, peut être, dans une vie, il peut n’y en avoir qu’une.

 

(Peut-être, répondait-elle)

 

 

Par mina - Publié dans : textes et cris
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