Dimanche 29 avril 2007

  Il a dit: "Je crois que je vais quitter ma femme pour toi" ; il l'a regardée droit dans les yeux, comme si elle étais la seule, pas la première, la seule. Tout en restant opaque.

  Elle chantait à voix basse des mélodies mélancoliques, frémissante comme la peau mordorée d'un animal.

   Il  a dit : " Je crois en toi, tu es si belle."

  Elle n'en attendait pas tant. De temps. D'air.

 

 

 Je quitte Mina. C'est une séparation douloureuse, mais nécessaire ; je dois voler de mes propres ailes, ne plus me cacher, ne plus m'éparpiller, rassembler les forces en présence pour oser entreprendre la montée, malgré mes jambes tremblotantes, et la possibilité que le rocher puisse retomber ; l'éblouissement n'est pas négligeable

  L'avenir m'appartient, peut-être, ma part tient.

  Merci à ceux et celles -que je ne manquerai pas de suivre de l'oeil- pour les mots ailés, voilés, endigués, filés, ténus, tenus, ouverts, enfermés dans des trous. J'efface tout mais n'oublie rien, je les garde présents dans ma cachette secrète. Je laisse nos Eves, toutes ces facettes d'une femme changeante et primaire, elles garderont cette grotte.

Retour de vie, retour d'envie ; "L'écriture a changé mon rapport au monde", et je veux garder mes yeux ouverts, définitivement.

 

 Merci, c'est déjà beaucoup.

   Elsa.

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" Au labyrinthe, on entre sans remords,

  Et on se perd, dans les rires et les larmes,

  Le Minotaure est là, mais sans peur,

 Au labyrinthe, on entre sans remords..."

 Arthur H.

Par mina - Publié dans : mina.e
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Mercredi 25 avril 2007

Eve n’était pas la première femme de Carmen. C’est ce qu’elle prétendait avec une aisance feinte en la caressant. Ce n’est pas que Carmen aimait particulièrement les hommes. Elle aimait surtout qu’on l’aime et qu’on le lui dise sans faim. Elle était une femme de mots. Elle se racontait des histoires à elle-même, à s’en dilater les veines jusqu’au cœur, Bovaryqueuse avant l’heure.

 Son petit troisième ne lui avait pas encore déformé les seins, ce qui laissait la porte ouverte à de nombreux destins. 

 Paresseuse avec les gestes, elle se coulait dans la forme qui voulait bien l’accueillir. Elle s’inscrivait dans le désir qu’on lui exprimait. Elle se servait parfois, plus flattée que condescendante. Habile gestionnaire d’un fantasme à étreindre. Et la forme noire qui voulait d’elle, sur ce banc de bord de lac, c’était Eve. Une écharde à l’œil.

 Carmen s’était faite belle. Elle avait un goût prononcé pour les fêtes de famille. De belle famille encore plus. Avec un maintien impeccable elle tirait les fils de sa cohorte de soupirants de fin de banquet. Sous les yeux de son mari, confortablement indifférent. Carmen contrôlait. Dans une robe noire aussi légère que chargée de grosses fleurs rouges. Elle pendait la crémaillère de son nouveau corps, libéré du fardeau d’une maternité envahissante. Elle avait dansé des épaules et des seins, lacéré de ses cheveux les chevaliers servants les plus intrépides. Carmen était l’œil du cyclone apprivoisé des apparences.

  Elle n’avait pas reconnu Eve immédiatement. La fille du premier lit de l’aîné des beaux frères avait des allures de garçon marqué. Une rebelle. Plongeuse sur plateforme off-shore, la vie dans un sac de marin. Des épaules de combat, des dents de coutelas, sous une peau d’olive brunie. Quand ses yeux noirs et brulants s’étaient posés sur ses hanches, elle avait d’abord cru à une pièce rapportée. Des cheveux si courts. Une mèche blanche comme une balafre, les tempes rasées. Un t-shirt gris souris, sans manche, et ce curieux tatouage aux reflets de chine. Quelque chose dans la cambrure des reins, des piercing turquoise, et une poitrine qui ne se laissait pas escamoter avait suffit à la convaincre qu’Eve était de son sexe. Incendiaire, braquée sur elle, la dévorant. Eve ne dansait pas, elle hypnotisait Carmen. Le front en bélier, les sourcils accusateurs, les yeux comme une langue, dardée et fourchue. Eve aspirait à la paille une Carmen écartelée. Le petit Vésuve lesbien qui consumait l’assistance, avec la plus impériale des indifférences n’avait que 20 ans. Carmen s’épanouissait dans ses 37. Elle ne sut pas vraiment si la lassitude seule. Elle accusa mollement la piètre prestation des beaux-frères pectoralement flétris. Mais Carmen se surprit à vouloir se consacrer à ce corps brun, nerveux, arqué qui lui montrait les dents. L’exclusivité la rebutait, mais l’attirance était trop forte.

  Dans un éclair de féminité socialement admissible, Eve prit Carmen par la main. Elles fuyèrent espièglement la piste de danse pour courir vers le lac, oblong et impatient. Essoufflée, les dents blanches dans la pénombre qui gagnait, Eve posa sa tête sur le bas ventre de Carmen, assise sur le banc. Aimantée. Carmen contempla l’auréole de sueur sur le t-shirt d’Eve. Cette humidité la troublait. L’envahissait. Elle eut honte d’attendre que son odeur lui parvienne. De sa propre odeur elle devinait l’écho. Est-ce qu’une femme la traduirait mieux ? Quels artifices la protégeraient ? Eve fit pivoter son visage, sa joue frôla le pubis émergeant. Elle pivota encore, brusquement, et appuya du menton. Des deux mains, Carmen s’arrima aux cheveux d’Eve. Il devenait difficile de savoir si elle demandait à ce visage de plonger ou d’attendre.

  Eve replaça ses yeux vers la lumière faiblissante. Des perles de sueur, sur le haut du front, donnèrent envie aux doigts de la femme.

  - « Mon fils a arraché les perles, je ne devrais plus mettre cette robe »
- « Je ne la vois pas. » La voix d’Eve était aussi enfantine que celle de Carmen était rauque.

 Un contraste coquet. Diapasons maudits.
De la pulpe de l’index, Carmen faisait fuir les goutes de sueur du front d’Eve, orphelin de ride. Elle s’égarait dans ses cheveux, comme elle aurait fait avec un petit animal. Les tremblements à la naissance de ses cuisses n’avaient rien de farouche. Un terrier s’effondrait sous des assauts répétés.

 - « J’ai envie de toi » affirma la femme grenouille, s’étirant. Eve donnait l’impression de sortir de l’eau. Elle ruisselait d’un désir franc, qui inondait Carmen.  Démunie. Elle énuméra mille raisons de repousser l’enfant, son mari à quelques mètres, la famille réunie, le lieu, l’âge, le héron en rase motte qui cria. Mais ses ongles avaient déjà atteint un lobe d’Eve, qu’elle caressait machinalement, comme un pendule de chair.

 Deux cygnes prirent leur envol au loin, battant l’eau de leurs ailes solides, avec fracas. Poussifs tels des anges joufflus, en surcharge sidérale. Au moment même où les cygnes redressèrent leurs cous, tordus d’effort, échappant à l’eau, Carmen passa sa langue sur les lèvres entrouvertes d’Eve. Un lapsus lingue. Elle voulut s’en sentir sale. Elle cherchait le reproche, invoquait une conscience disparue. Les saules pleureurs n’exprimaient aucun regret. Les cygnes étaient déjà loin, affairés autour d’un nid de sextuplés. La nuit tombait indifférente.

  Carmen baignait dans un coma diffus. Ses seins entamaient un étrange dialogue avec les yeux d’Eve. La pointant du doigt, encore lourds mais sans entrave. Elle aurait du. Elle s’en voulait de ne pas s’en vouloir. Elle perdait pied. Et ces diamants noirs, bruts de désir, embusqués sur son ventre irradiaient sans interruption. Eve avait relevé ses jambes. Elle faisait penser à un insecte dépourvu de gravité. La nuit tombait, complice. Et la main de Carmen épingla le papillon blotti.

  Carmen ne sut par quel miracle. Eve s’était redressée puis glissée derrière elle. Leurs corps formaient deux virgules indétachables, s’apostrophaient. L’avant bras d’Eve remontait sous sa robe, éraflait à présent la dentelle. Des doigts de tarentule à la conquête de sa toile. Carmen se surprit à la guider, apposa sa main sur la sienne, en coque. Aucun protocole, aucun préalable, une urgence démaquillée. Carmen recula le bassin, percutant les hanches d’Eve mais échappant au majeur invasif. N’entre pas. Débusque-moi.  Et puis elle se montra au doigt vaillant. Le fit glisser de haut en bas, comme ganté de moiteur. Invité muet. Il repassait l’ourlet gorgé d’envie. S’inoculant. Dextre funambule. Furieux, ensembles, le bassin de Carmen et une armée de doigts d’Eve s’entrechoquèrent. La bête s’éventra sur la herse. Ruisselante. La main libre d’Eve répliquait ses attaques contre ses propres parois tapissées de désir. Natations synchronisées. Elle appuyait le dos de ses phalanges sur les globes charnus de Carmen, chevauchée, meurtrie.

  Avec une délicatesse inouïe, Carmen atteignit le visage d’Eve, qu’elle cueillit dans sa paume. Et des mots elle l’implora, scandant le rythme du double galop :

 -« dis le moi, dis le moi, dis le moi … » brisant le silence des corps occupés.

 Eve savait se glisser, savait s’enduire, s’immerger dans les pulsations d’une autre. Son avant-bras enserrait le ventre encore un peu rond de Carmen, le malmenant pour ne pas la perdre. Les bruits succédèrent aux parfums. Des vases communiquaient. L’intuition des doigts anticipa la déflagration qui saisit Eve, les mots mirent un temps infini à se frayer un chemin jusqu’aux lèvres.

 - « Oui »
- « Je te suis. » Fut la seule répartie de Carmen. Définitive. Les têtes capitulèrent, joug contre joug.

  Il manquait quelques perles de plus sur la robe de Carmen, qu’elle défroissa à la hâte mais sans grande conviction. Chroniques d’une méticulosité ordinaire. Le souffle d’Eve sur sa nuque masquait la fraîcheur de la nuit.

 Des cris inquiets se rapprochaient.  Une chasse à courre. Un mari propriétaire en chef de meute outragé. Les voix rebondissaient sur la surface de l’eau. Parvenaient à l’oreille des deux femmes comme des menaces lapidaires, en ricochet.

 -« Carmen !On rentre ! »

Les deux amantes ne firent pas vraiment d’effort. Comme si se déplier l’une de l’autre allait renverser quelque chose. Briser un sortilège.

-« Carmen ! »

L’homme mur qui tançait Carmen d’une voix troublée, lui plaqua les épaules contre le dossier du banc. Il lui baisa le front, récupérant son bien. Carmen se releva brusquement, lui percutant presque le menton. Elle embrassa les doigts d’Eve, un à un, mêlant des saveurs jumelles en bouche.

 En s’éloignant, Carmen vit l’obscurité absorber son amante. Une eau noire l’engloutissait jusqu’au blanc des yeux. Le bruit de la tôle, à la fermeture des portes du 4x4, lui fit reprendre ses esprits. « Tu as pensé à récupérer les saladiers ? »

Par mina - Publié dans : textes et cris
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Lundi 23 avril 2007

Eve n´était pas la première femme. A l´instant l´évidence venait de

 la saisir. Elle, exemplaire et unique ? Oh non! - se dit-elle.

Certainement pas la première femme. Mais la première à se faire

 prendre, ça oui. Et bien sûr c´était cette Eve là qu´ils allaient garder.

Parfait comme modèle. Une pécheresse condamnée à renoncer en

suivant. En LE suivant. Elle avait eu besoin qu´il la regarde mordre à

 voix haute. Sa faute et le poids de leur rachat en seraient

indissociablement et éternellement liés. D´autres avant elle en

avaient croqué tout autant, sans complexe et pour le plaisir. En

 silence surtout. Elle les voyait s´avancer seules au jardin. Nul

besoin de miroir ni de témoin pour découvrir l´envie et nourrir

le désir. Eve, elle, s´était confondue dans ce moule dessiné pour

elle. Pour elles. A l´aube de l´aubaine et des premières clés, il

fallait reconnaître que c´était bien vu. Ça marcherait toujours.

A s´y faire prendre.

 

 

 

 

Par mina - Publié dans : textes et cris
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Vendredi 20 avril 2007
Eve n'était pas la première femme.

 

Eve n'était pas le premier homme.

 

Eve n'était pas la première entité.

 

Eve aussi loin se souvient-elle, est seule. A peine des 
ersatz de compagnons, ces petites choses velues 
qui semblaientl'avoir toujours préexistés.
Ils s'agitaient selon des rythmes 
au premier abord cacophoniques, mais au fil du temps Eve a 
vu des périodes, des rites, en fait, rien n'est chaotique.

 

Rien n'est embrouillé. Sauf ses premiers souvenirs.

 

Son premier souvenir, c'est elle-même, se dressant 
soudainement, et tout commençant en cet instant. Sachant 
déjà quels sont ces petits êtres, jolis, mignons.

 

Son premier voyage, hors de l'enclos dessiné par des arbres,
 des cerisiers, elle sait que ce sont des cerisiers.
 Ses pas nonchalants, sans avide découverte. Ses premiers pas.

 

Puis, sa première excitation, sous la ligne fleurie, 
sa première frontière.Son premier horizon, sa première 
idée, consciente, son premier rite : une couronne sur 
ses cheveux, aux couleurs nacrées, comme un parfum 
matérialisé.

 

Son premier choix, sortir, ou rester.

 

Elle s'en souvient bien, c'était dans une époque
 lointaine : de très nombreuses couronnes ont
 embaumé sa tête de diverses senteurs depuis.

 

Ses pas la mènent entre des paysages uniformes, 
aux couleurs uniformes, des aplats de couleurs 
aux horizons, des tâches lointaines se précisant
 lentement, et ses amusants compagnons virevoltant,
 toujours dans les mêmes chorégraphies, autour d'elle.

 

Et, un jour, alors qu'elle se décide, encore une
 fois, une fois de plus, à stopper son errance 
jusqu'au lendemain, elle, immobile, voit une 
forme s'approcher d'elle, lentement, une forme qui,
 elle le sait, lui ressemble.

 

Elle attend, c'est la première fois qu'elle attend 
un autre être, et elle sent son coeur pour la 
première fois, battre, elle ressent la crispation 
de ses muscles.

 

Elle ressent sa première circonspection, mélange
 de peur et d'envie, de recul et d'allant.

 

Elle avance encore, finalement.

 

Son homonyme au teint plus hâlé, aux cheveux plus
 longs, à la silhouette plus pulpeuse, se présenta :
 Je m'appelle Lilith, et toi ?.

 

Et lui révéla qu'une sorte d'humanoïde dans les 
parages vaquait à d'étranges pratiquent, telles 
celle consistant en monologues. Ou plutôt des dialogues,
 sauf qu'il parlait tout seul, et semblait entendre
 des réponses, on pourrait dire des révélations, 
ajouta Lilith.

 

Lilith à la demande d'Eve lui parla longuement d'Adam.

 

Lilith à la demande d'Eve lui raconta quelque peu 
leurs activités communes.

 

A vrai dire Lilith trouve encore qu'Eve est bien
 ennuyeuse. Avec ses questions, ses émerveillements 
continuels. Si Lilith était apparue plus tard, beaucoup 
plus tard, elle aurait décrit sans hésitation sa 
comparse comme étant
la Première Sainte-Nitouche.
Mais elle ne connaît évidemment pas cette expression.
 Et donc Eve ne sera jamais la première sainte-nitouche.

 

Avec un peu d'insistance, une fausse jovialité, Lilith 
pousse Eve à rencontrer Adam. Finalement Lilith préfère
 la solitude à cette tendre mais médiocre compagnie. 
Lilith a déjà choisi de parcourir le monde coûte que coûte.
 Et se débarrasse de sa compagne, gentiment tout de même,
 mais seulement parce qu'Eve ne lit pas clairement Lilith.

 

Eve continue alors son chemin, en suivant cette 
direction, celle indiquée par Lilith.

 

Eve avance paisiblement, ravie par avance de sa rencontre, 
de cette prometteuse aventure.

 

Lilith ne lui a jamais dit pourquoi elle n'est pas restée 
aux côtés d'Adam.

 

Parce que bien que les paysages soient ravissants, et 
ses petites boules couinantes amusantes, Lilith lui manque déjà.

 

Eve est pressée de rencontrer à nouveau quelqu'un.

 

Eve avance toujours, virevolte parfois. Tente quelque
 fois de désordonner ses compagnons, sans succès.

 

Eve enfin voit un espace bien différent de tout ce 
qu'elle a pu voir jusqu'ici.

 

Ce lieu lui est apparu subitement, derrière un bosquet d'arbres.

 

Eve voit enfin celui qu'elle suppose être Adam. Elle 
s'approche, prudemment, et voit qu'elle est vue.

 

-"Lilith ?" (On voit qu'Eve n'est pas la première à 
entamer le dialogue).

 

-Hésitante elle répond : euh, non, moi, c'est Eve.

 

-Je me disais que tu avais bien changé. Ravie de te rencontrer.
 Tu connais Lilith ? Tu n'as pas l'air surprise.

 

(On voit qu'Eve n'est pas la plus bavarde)

 

-Oui. Eve attend qu'Adam l'invite.

 

-Viens, n'aie pas peur, tu t'appelles Eve alors. J'espère 
que tu n'es pas comme l'autre.

 

-...

 

-Bon, je vais te présenter mon territoire, qui ma foi est 
assez étendu, je ne connais personne qui en possède un 
aussi vaste. (Adam garde pour lui qu'il ne connait personne 
d'autre que ça intéresse).

 

Et on voit une fois de plus qu'Eve n'est pas la première 
sédentaire, ni la première voyageuse, Lilith ayant
 commencé bien plus tôt.

 

Adam présente alors son domaine, lui raconte ses histoires 
avec Lilith. Eve retient tout de même que l'histoire, 
malgré quelques points communs, diffère étrangement, et 
que dans celle-ci, Lilith semble difficile à vivre. 
Petit à petit Eve finit par trouver Adam plus que 
charmant, Eve finit par trouver Lilith de moins
 en moins fréquentable, en fait elle finit par 
se fondre dans les avis d'Adam.

 

La routine entre Eve et Adam s'installe. Adam se 
préoccupe de l'aménagement extérieur, et Eve, on
 devine. De temps en temps Adam s'absente quelques
 heures. Eve se demande mollement ce qu'il fait, et
 préfère ne pas trop y penser. Pour tout vous dire,
 Adam a fini par trouver un moyen de créer une boisson
 qui brouille les idées, la vue, les sens, et il aime
 cet état là.

 

Mais, car il y a toujours un mais, un jour Adam demande
 à Eve de partager une relation plus intime, et bien 
entendu Eve accepte. Alors on voit notre couple commencer
 à s'enlacer, à stimuler leur sang.

 

Mais au moment où Adam veut enfin satisfaire sa pulsion,
 il s'aperçoit qu'Eve l'en empêche.

 

Non pas qu'Eve ne veuille pas, c'est qu'elle ne peut pas.

 

Non pas qu'Eve fasse un blocage psychologique.

 

Ni même un blocage physique du à un blocage psychologique.

 

(Il faut prendre en compte que ces deux personnes n'ont
 aucune notion de psychologie, que ça leur passe bien 
au-dessus de  leur tête, mais vous, lectrices et lecteurs,
 possédez certainement ces schémas.)

 

En fait, Eve est le premier être humain asexué.

 

 

Par mina - Publié dans : quand la réalité dépasse la fiction
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